Que dire alors de la femme qui reste à terre, sur terre car tel est son élément ?
Si elle navigue, elle a le mal de mer, elle devient telle une bougie qui fond… Bon alors, il part … je vais m’équiper les coronaires, l’imagination et le temps
La première image qui me saute à l’esprit …
Celle d’une coquille de noix bien fluette et minuscule au milieu d’un énorme océan bleu de prusse gesticulant voire hurlant, rempli d’eau profonde, d’une eau qui bouge et tourbillonne sans s’arrêter jamais, de jour comme de nuit et, sur cette eau qui trépigne un gigantesque porte container rouge avec ses milliers de boîtes toutes plus mal arrimées les unes que les autres et prêtes à tomber sur notre minicoquilledenoixenpleinenuit !
La première chose à faire : acheter une ardoise et y dessiner les 14 jours-bâtons à la craie
Je ne suis pas une femme à ne savoir que faire de ses dix doigts, à ne pas mettre le nez dehors, désemparée de ce temps ouvert, de ces secondes à vivre qui ne seront pas partagées, une femme désolée de ne pouvoir goûter à cette peau qui sentira le sel et respirera le soleil et m’en droguer les sens (ah si… quand même un peu), non, j’ai mon chemin, il me plaît, il me régale et 14 jours enfin qu’est-ce que c’est !?
Mais, quand même, on pense malgré soi Tabarly, naufrage, fracassage, noyade, île perdue, abandon, où est-il, c’est si loin …
Car on nous a promis des news, des nouvelles, des images, tout le tintouin pour rassurer les arrières mais, les contraintes techniques ont décalé la réalité vers le rien, moins que rien, nada rien du tout …
Alors le soir, t’enfonçant sous une couette moelleuse duveteuse blanche aux mini fleurettes rouges à l’abri des remous du jour et de la ville, dans le silence des respirations de tes voisins et des flipflaps de leur quotidien – tu regardes la grande plaine de ta journée où tu as su, pu, essayé de t’étaler, t’allonger, t’étirer, te promener avec délice ou incertitude ou rire ou étonnement ou questionnement ou légèreté et tu t’emmitoufles au chaud de la nuit avec des phrases dans ta tête « tout va bien, t’inquiète, respire un coup, y’a pas de raison, tu le saurais, dors …»
Tu as beau dire, tu as beau faire … ça fait peur, ça fait frisson
Tu as beau dire, tu as beau faire… ça fait du bien d’être amoureux
Et tu attends la terre et la vue des côtes avec impatience …
Article de @louisepamplemousse . Suivre sur Instagram


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